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Michel TISSIER, organiste titulaire
Prélude et Fugue en do majeur dit « de Noël » BWV 547 Jean-Sébastien BACH (1685-1750)
Variations Canoniques sur le choral de Noël « Von Himmel hoch » BWV 769 J.S. BACH
1) En canon à l’octave
2) Autre version, en canon à la quinte
3) En canon à la septième
4) En canon à l’octave en augmentation
5) L’autre sorte de canon renversé 1) à la sixte, 2) à la tierce, 3) à la seconde et 4) à la neuvième.
Quatre antiennes pour le temps de Noël opus 48 Marcel DUPRÉ (1886-1971)
Avec les versets chantés par le chœur de Philippe GAGNEPAIN
Ave Maria pour chant et orgue de Marcel DUPRÉ (chant, Laurence Goût de Beaupuis)
Symphonie-Passion opus 23 de Marcel DUPRÉ
- Le monde dans l’attente du Sauveur (Jesu Redemptor omnium)
- Nativité (Adeste fideles)
- Crucifixion (Stabat Mater)
- Résurrection (Adoro te devote)
Avant chaque mouvement, le chœur chantera le thème grégorien entre parenthèses, qui a servi de point de départ à l’improvisation.
Le prélude et fugue en do majeur BWV 547 semble être le tout dernier composé par Bach, alors Cantor de Leipzig. Souvent appelé « Prélude de Noël » à cause d’analogies évidentes (même tonalité de do majeur, même rythme ternaire, toutes sortes de motifs relevant de la symbolique de Noël) avec quelques Cantates dont celles de Noël et de l’Epiphanie. De plus, l’apparition d’une figure descendante n’est autre que le motif initial des Variations Canoniques. La sujet de la fugue qui suit est très bref, et apparaît une cinquantaine de fois : il n’est pas sans rappeler ce que sera plus tard l’un des thèmes principaux de l’opéra de Richard Wagner, Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg.
Sollicité pour entrer dans l’Académie Musicale fondée par Mitzler, Bach attendit d’être le 14ème membre pour faire acte de candidature (B+A+C+H = 2+1+3+8). Il présenta alors, selon l’usage, une œuvre musicale à caractère théorique, les Variations Canoniques, ainsi que son portrait à l’huile, peint par l’artiste officiel de Leipzig, Haussmann. L’œuvre paraît modeste d’apparence : 5 variations sur un thème populaire de Noël. Écrite vers 1746-1747, elle est donc contemporaine de l’Offrande Musicale et de l’Art de la Fugue, autres œuvres de haute spéculation formelle où se concentrent tout le savoir du musicien et, intimement mêlée, la plus pure expression de sa personnalité d’homme et de croyant.
Les Six Antiennes opus 48 sont destinées à divers offices du temps de Noël. Ces pages brèves datent de 1952 ; renonçant à la virtuosité, elles commentent les mélodies grégoriennes et font partie des rares pièces du Maître accessibles à tous les organistes.
L’Ave Maria est le seul des 4 motets opus 9 à une seule voix. Il date de 1916, époque où Marcel Dupré offre ses services à un hôpital militaire. En octobre de la même année, il devient organiste intérimaire au grand orgue de Notre Dame de Paris pour remplacer Louis Vierne parti en Suisse pour y faire soigner sa vue. Il achève d’apprendre par cœur toute l’œuvre d’orgue de Bach.
La Symphonie-Passion
C’est le souvenir d’une improvisation sur quatre thèmes grégoriens, réalisée sur l’orgue monumental des magasins Wanamaker de Philadelphie le 8 décembre 1921, et fixée par écrit dans l’été 1924.
Le 1er mouvement évoque « Le monde dans l’attente du Sauveur ». On décèle ici un écho de la force rythmique déclenchée par le « Sacre du Printemps » de Stravinsky : carrures impaires, incessant renouvellement martelé par des accords staccato, au-dessus desquels vient planer l’hymne «Jesu Redemptor omnium ». L’orgue est employé avec une vigueur inconnue jusqu’alors.
Le 2ème mouvement, la « Nativité », est un tableau naïf et hiératique. Le hautbois et la flûte se répondent, le cortège des bergers s’avance, l’adoration s’amplifie avec le chant de l’« Adeste fideles », et l’alleluia des anges traverse la nuit paisible.
3ème mouvement, Crucifixion : tryptique descriptif dont découle la forme. La marche au calvaire, thème lent et heurté, la crucifixion, dans le déchainement des clameurs, puis le silence qui précède la descente de la croix et le chant dans le grave du « Stabat Mater » expriment la douleur d’une mère.
4ème mouvement, Résurrection. Longue progression de l’obscur à la clarté sur le chant de l’« Adoro Te », vers une toccata, caractéristique des improvisations de Marcel Dupré pour les sorties de messes à Saint Sulpice.
Né à Rouen en 1886 d’une famille d’organistes et de musiciens, Marcel Dupré fut un enfant prodige avant de devenir l’élève de Guilmant, Diemer et Widor.
Organiste de St Sulpice de 1933 à sa mort en 1971, il a été directeur du Conservatoire de Paris de 1954 à1956, où il enseignait l’orgue depuis 1926.
Il fit de nombreuses tournées à travers le monde (2300 concerts), surtout aux USA et en Australie où il était acclamé en particulier pour ses prouesses dans le domaine de l’improvisation.
Pédagogue de grande valeur, il écrivit de nombreux ouvrages sur l’enseignement et il composa des pièces pour orgue, pour orchestre, pour chœur ainsi que de la musique religieuse et de la musique de chambre.
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