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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 07:37

affiche concerts juillet 2011

 

  Programme :

 

Vendredi 8 juillet

-      Prélude et fugue en la majeur BWV 536  Jean-Sébastien BACH (1685-1750)

-      Prière (extrait des Six Pièces)  César FRANCK (1822-1890)

-      Pièce (unique)  Antoine CALVIÈRE

-      Prélude et Fugue en ré majeur BUX 137  Dietrich BUXTEHUDE

 

Samedi 9 juillet

-      Sinfonia concertante   Guillaume LASCEUX (1740-1831)

-      Fantaisie en la majeur (extrait des Trois Pièces)  César FRANCK

-      Fantaisie et Fugue en sol mineur BWV 542   Jean-Sébastien BACH

 

Dimanche 10 juillet

-      Prélude, Fugue et Chaconne  Dietrich BUXTEHUDE

-      Choral « Aus tiefer Noth »  Jean-Sébastien BACH

-      Premier Livre d’Orgue  (extraits)  Louis MARCHAND

Plein-jeu

Basse de trompette et dessus de cornet

Quatuor

Récit de tierce en taille

Fond d’orgue

Grand-jeu

 

Vendredi 15 juillet : Franz LISZT (1811-1886)

-      Orpheus

-      Excelsior

-      Sur la tombe de Richard Wagner

-      Variations sur « Weinen, Klagen, Zorgen… »

 

Samedi 16 juillet : Franz LISZT

-      Fantaisie sur « Ad nos ad salutarem undam »

 

Dimanche 17 juillet : Franz LISZT

-      Praeludium sur « ZumHaus der Herrenziehen wir »

-      Consolation en ré bémol

-      Ave Maria d’Arcadelt

-      Consolation en mi majeur

-      Prélude et Fugue sur B.A.C.H

 

 

 

Contrairement à la plupart des préludes pour orgue de Bach, celui en la majeur revêt un discret côté pastoral plein de délicatesse. Au court prélude qui ne réclame pas la puissance de tout l’instrument, suit une fugue à 3 temps auquel le thème semble ne pas vouloir se plier, et qui donne à l’ensemble une agréable sensation de liberté et de légèreté.

 

Des six pièces du recueil publié en 1868, la Prière seule fait référence à un sentiment religieux. À une époque où un sentimentalisme bigot tenait souvent lieu de piété sincère, le titre pouvait faire craindre le pire. Franck semble ici à sa manière reprendre les préoccupations de Bach. La mission du musicien n’est plus simplement d’orner le service du culte, mais d’aider au mieux les fidèles à prier, ou du moins à s’élever au dessus du commun. Face à la musique d’orgue romantique, il impose, contre la mode du jour, la poésie et le recueillement à l’église.

 

Pièce d’Antoine Calvière est la seule œuvre qui nous soit restée pour juger de ce compositeur que son aîné Couperin admirait. Il s’agit d’un dialogue de hautbois (dessus) et de cromorne (ténor). Construit de façon très classique, il se présente comme un joli andante galant et nostalgique, faisant parfois penser à Haydn ou Mozart, sorte de romance avant l’heure. Autre singularité, cette très courte pièce demande pour la 1ère fois un jeu de hautbois, et pas moins de 4 couleurs différentes de registration. Il s’agit peut-être d’une erreur d’attribution au XIXème siècle, ou d’un pastiche.

 

Preludium en ré Majeur (Bux 139) de Dietrich Buxtehude est en 4 volets d’un seul tenant :

-      prélude arpégé, à la manière du prélude en la majeur de Bach

-      fugue

-      adagio (lent)

-      toccata

 

Survivant de l’Ancien Régime monarchique, et après avoir traversé la tourmente révolutionnaire, Lasceux s’est efforcé avec ténacité de maintenir la tradition cultuelle de l’orgue dans une œuvre qu’il s’est efforcé de rendre pédagogique et liturgique. Fidèle à l’héritage des Couperin, Marchand, Clérambault et autres, sa musique révèle un musicien plus prolixe que capable, mais en cette période troublée, ne tentait-il pas de tendre une perche aux jeunes organistes afin de perpétuer la tradition ?

 

Les Trois Pièces furent composées pour l’inauguration de l’orgue monumental construit par Cavaillé-Coll pour le Trocadéro. Cet instrument, après des modifications hasardeuses pour le Palais de Chaillot, a été envoyé à l’Auditorium Maurice Ravel de Lyon. Comme son nom l’indique, la fantaisie n’obéit pas à des schémas habituels mais adopte une sorte de forme-sonate avec une certaine liberté. Comme Liszt qui l’appréciait énormément, César Franck était pianiste, et on retrouve dans sa musique d’orgue un certain nombre d’effets pianistiques, notamment dans les accompagnements de mélodies. Après avoir été considérée comme maladroite et manquant de rigueur, elle semble réhabilitée de nos jours par son ardeur juvénile, ses exaltations spontanées et son charme discrètement sentimental.

 

La Fantaisie et fugue en sol mineur BWV 542 est de toute la musique d’orgue le chef-d’œuvre absolu. La Fantaisie est caractéristique de la manière des organistes du Nord ; Bach revenait de Hambourg où il avait postulé, sans succès, le poste d’organiste à St Jacques (la charge devait être achetée par un « don »). Quant à la fugue, elle serait édifiée sur le thème d’une vieille chanson d’origine flamande, qui traîna longtemps en Allemagne, et qui est restée très populaire jusqu’au XVIIIème siècle.

 

Le Preludium en do majeur Bux 137 est souvent appelé Prélude, fugue et chaconne. Les trois parties sont nettement différenciées, bien qu’étroitement enchaînées. À une toccata introduite par un trait de pédale, suit un épisode polyphonique central en imitations diverses qui se termine par un nouveau trait de toccata. La chaconne entre aussitôt sur un motif obstiné répété 8 fois.

 

Aus tiefer Noth (Des profondeurs de l’abîme je crie vers toi) est le texte du psaume 150, cantique de pénitence chez les protestants. La construction puissante, massive, rappelle les chorals figurés de la fin du 17ème siècle. Dans un discours continu, chaque période musicale du cantique est traitée comme un tout faisant l’objet d’entrées fuguées à 5 voix sur le thème de la période, lequel apparaît pour la 6ème entrée en valeurs longues. Cette dernière entrée sera jouée par une troisième main sur le 3ème clavier.

 

Louis Marchand est avec Nicolas de Grigny et François Couperin l’un des plus ardents défenseurs de la musique française pour orgue au 17ème siècle et au début du 18ème. Son Premier Livre donne à l’organiste la possibilité d’exploiter un large éventail de registrations caractéristiques de l’instrument classique ; le timbre a pris une telle importance, qu’il suffit parfois à imposer le titre même de la pièce.

 

Orpheus (1860) est la transcription pour orgue d’un poème symphonique sous le même titre. Ce n’est pas l’ancienne légende grecque, l’histoire d’Orphée que Liszt a voulu traduire dans une sorte de fantaisie à un seul thème. C’est la personnalité d’Orphée, sa figure de symbole, qui inspira sa composition.

 

Excelsior (1874) est une adaptation par Liszt du 1er mouvement d’une œuvre pour baryton, chœur et orchestre, Les cloches de la cathédrale de Strasbourg. Wagner utilisa bien plus tard le thème de cet hymne dans son opéra Parsifal.

 

Sur la tombe de Richard Wagner (mai 1883) est une des toutes dernières compositions de Liszt, à l’occasion des 70 ans de son gendre qui venait de mourir trois mois plus tôt. Au début du manuscrit le compositeur avait écrit : « Wagner m’a remis en mémoire une fois la similitude entre son motif de Parsifal et mon Excelsior qui fut écrit plus tôt… ».

 

Les Variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » commencent par une longue passacaille dont le thème est emprunté à la cantate BWV 12 de Bach Larmes, plaintes, soucis, crainte, angoisse et détresse sont le pain amer des chrétiens. Liszt venait d’apprendre la mort, à l’âge de 26 ans, de sa fille Blandine. Des explosions de douleur et d’abattement débouchent sur un choral Ce que Dieu fait est bien fait et se termine par un maestoso triomphal exprimant la victoire de l’amour sur la mort.

 

Fantaisie et Fugue sur le choral « Ad nos, ad salutarem undam ». C’est l’œuvre la plus immense et la plus prophétique de tout le répertoire du XIXème siècle. Écrite en 1850, elle emprunte son thème au choral chanté par les Anabaptistes dans l’acte I du Prophète, opéra oublié de Meyerbeer : c’étaient des évangéliques radicaux, trouvant Luther trop timoré, réclamant la liberté que donne l’Esprit en y mêlant des revendications sociales. Il s’agit chez Liszt d’une grande symphonie pour orgue avec trois mouvements enchaînés bâtie sur un seul thème.

 

Preludium fut écrit dans les dernières années du maître et peut être considéré comme une version sans paroles d’une composition pour chœur, 2 trompettes, 2 trombones, timbales et orgue sur les mots In domum Domini ibimus (Nous irons dans la maison du Seigneur).

 

La série des Consolations pour piano, éditées en 1850, a été inspirée par le cycle de poèmes du même titre de Sainte-Beuve (1830). Plusieurs ont fait l’objet de transcriptions pour orgue ou pour harmonium du vivant même de Liszt qui donna son approbation.

 

Ave Maria (Arcadelt) reprend le thème que l’on suppose composé par Jacob Arcadelt (1500-1568) d’origine flamande et peut-être élève de Josquin des Près. Liszt séjournait à Rome et se montrait plus préoccupé que jamais des problèmes de la musique sacrée (déjà à son époque en 1860 !) et de la réforme de la musique d’église. Il a voulu ainsi proposer aux musiciens d’église des modèles de cette polyphonie « purement sacrée » qui était l’idéal des musiciens romantiques.

 

Le Prélude et Fugue sur B.A.C.H est une des pages maîtresses de toute la musique d’orgue. Est-ce seulement l’immense réservoir de possibilités musicales des 4 notes : si bémol, la, do si, qui ont tenté Liszt, ou la pratique de la musique d’orgue de Bach qu’il venait de transcrire pour le piano ? Cette pièce remporta un très vif succès dès la 1ère audition en 1856. Contrairement à la plupart des préludes pour orgue de Bach, celui en la majeur revêt un discret côté pastoral plein de délicatesse. Au court prélude qui ne réclame pas la puissance de tout l’instrument, suit une fugue à 3 temps auquel le thème semble ne pas vouloir se plier, et qui donne à l’ensemble une agréable sensation de liberté et de légèreté.

 

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Beaucoup de grands pianistes et compositeurs romantiques comme Mendelssohn, Schumann ou Brahms ont écrit pour l’orgue. Liszt est le seul qui lui ait consacré de vastes compositions. Si le piano fut son instrument de prédilection, il ne négligea pas de destiner au « Pape des instruments » des pages qui figurent parmi les plus extraordinaires produites à l’époque romantique. Parmi les quarante-sept numéros d’opus, de qualité inégale, trois d’entre elles atteignent d’imposantes dimensions, en même temps qu’elles forcent l’admiration par le souffle qui les parcourt et par la science de leur architecture.

 

Par Les orgues de Beaune
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